Connaissez-vous vraiment les commotions cérébrales? 6 croyances à démystifier

Connaissez-vous vraiment les commotions cérébrales? 6 croyances à démystifier

1. Il faut perdre connaissance pour avoir une commotion cérébrale.

Faux.

Contrairement à certaines idées reçues, il ne faut pas nécessairement perdre connaissance pour avoir une commotion cérébrale. En fait, moins de 10 % des personnes qui subissent une commotion cérébrale auront perdu connaissance au moment de l’accident.

2. L’équipement protecteur protège contre les commotions cérébrales.

Faux.

L’accident se passe à l’intérieur de la boîte crânienne où les tissus du cerveau subissent une élongation/torsion provoquant une perturbation du fonctionnement du cerveau. C’est le mouvement rapide de la tête qui enclenche ce processus. Ainsi, une commotion cérébrale peut être causée sans que la tête soit touchée. De plus, des études indiquent que les sportifs qui portent un casque comme les joueurs de rugby/football américain et de hockey ne sont pas moins à risque de subir une commotion cérébrale que les joueurs de football australien, qui eux n’en portent pas. Le casque reste toutefois essentiel, car il prévient les blessures plus graves.

Pour plus d’informations, voir l’article de blogue sur les casques protecteurs en lien suivant: https://institutcommotions.com/heureusement-javais-casque-jaurais-pu-commotion/

3. Les appareils intégrés à l’équipement permettent de détecter les commotions cérébrales.

Faux.

Il n’y a pas d’évidence scientifique selon laquelle les appareils qui détectent et enregistrent les impacts portés directement à la tête permettraient de détecter les commotions cérébrales. En fait, les études indiquent que même les appareils de pointe munis de plusieurs accéléromètres arrivent à détecter à peine une commotion sur cinq.

4. Les commotions cérébrales dans le sport sont moins graves.

Faux.

Plusieurs considèrent que les impacts à la tête dans le contexte d’un sport de contact sont relativement légers et que les forces exercées sur le cerveau ne sont pas suffisamment importantes pour causer de réels dommages. Pourtant, le cerveau de l’athlète qui subit une commotion dans un contexte sportif endure la même force d’impact que le cerveau d’un conducteur dont la voiture heurte un mur de brique à une vitesse de 60 à 75 km/h. Personne n’oserait considérer une collision automobile à cette vitesse comme étant une chose anodine!

5. Les commotions cérébrales ont un effet cumulatif.

Vrai.

Au fur et à mesure que l’on accumule les coups provoquant une commotion cérébrale, les effets se font ressentir : les symptômes peuvent être plus forts et plus persistants. Il se peut donc que la récupération soit plus ardue et que des séquelles se manifestent. Par ailleurs, les sportifs peuvent avoir tendance à minimiser leurs symptômes et retourner trop rapidement au jeu. Ce faisant, ils augmentent le risque d’être blessé à nouveau. De plus, les conséquences à long-terme de coups à la tête à répétition chez les sportifs sont de plus en plus documentés dans la recherche. Entre autres, des cas de maladies neurodégénératives qui se manifestent plus tard dans la vie des athlètes ayant subi de nombreux impacts à la tête ont été rapportés. Les effets cumulatifs des coups à la tête ont donc de graves conséquences potentielles pour le cerveau.

6. Le cerveau de l’enfant et des adolescents est moins vulnérable aux commotions cérébrales.

Faux.

Un autre mythe est que le cerveau des enfants est moins vulnérable aux commotions cérébrales que celui de l’adulte. Des données récentes sur le développement du cerveau humain suggèrent que le cerveau de l’enfant et de l’adolescent serait en fait plus fragile que celui de l’adulte. Le risque de commotion cérébrale est plus élevé pour le cerveau en cours de développement que pour le cerveau adulte.

Pour plus d’informations, voir l’article de blogue sur les commotions cérébrales chez les jeunes au lien suivant: https://institutcommotions.com/adolescents-plus-a-risque-adultes-de-subir-commotion-cerebrale/

 

Référence:

Ellemberg, D. (2013). Les commotions cérébrales dans le sport : une épidémie silencieuse. Montréal, Québec : Les Éditions Québec-Livres.

McCrory, P., Meeuwisse, W., Dvorak, J., Aubry, M., Bailes, J., Broglio, S., … & Davis, G. A. (2017).
Consensus statement on concussion in sport—the 5th international conference on concussion in sport
held in Berlin, October 2016. British journal of sports medicine, 51(11), 838-847.

McKee, A. C., Daneshvar, D. H., Alvarez, V. E., & Stein, T. D. (2014). The neuropathology of sport. Acta
neuropathologica, 127(1), 29-51.