Retourner à l’école après une commotion cérébrale

Retourner à l’école après une commotion cérébrale

Des études récentes indiquent qu’un retour trop rapide en classe après avoir subi une commotion cérébrale peut en retarder la guérison et, dans certains cas, aggraver l’état de santé de l’étudiant. Or, il faut non seulement éviter un retour hâtif sur les bancs d’école, mais surtout s’assurer qu’un plan de soutien personnalisé soit établi afin de veiller à ce que cette blessure ne compromette pas la réussite scolaire.

Les études en neuroimagerie démontrent que même lorsque les symptômes sont complètement disparus, le cerveau n’est pas encore entièrement guéri. L’enflure au cerveau persiste facilement quelques semaines après la disparition des symptômes.

 

Ainsi, le retour aux activités intellectuelles et scolaires doit être planifié et progressif. Trois raisons subsistent pour expliquer l’importance de cette planification:

1. Un effort mental trop important dans les jours ou semaines qui suivent la blessure peut retarder la guérison ou même aggraver les symptômes.

2. Dans les semaines qui suivent la commotion, le cerveau n’a toujours pas retrouvé ses pleines capacités. Il est moins attentif, a plus de mal à apprendre et se fatigue plus rapidement.

3. Le repos dont l’étudiant aura bénéficié à la suite de sa commotion lui aura inévitablement coûté un certain retard à l’école. Pour cette raison, il faudra remettre à plus tard les examens et les travaux qu’il aura manqué durant son absence ou qui auront été prévus au moment de son retour.

 

En général, il faut compter d’une à six semaines pour que l’étudiant effectue un retour complet à l’école et rattrape le retard accumulé. Le retour à l’école nécessitera une collaboration étroite entre l’étudiant, ses parents, ses enseignants et la direction de l’école. Cela pourra seulement se faire avec l’aide d’une personne pivot qui aura la responsabilité d’élaborer le plan de soutien personnalisé, de coordonner les accommodements et de faciliter la communication entre les différents acteurs.

La personne pivot

Chaque établissement scolaire pourrait confier la gestion des commotions cérébrales à une personne en poste au sein de l’établissement. Il pourrait s’agir, par exemple, d’un responsable de la vie étudiante, d’un technicien en sports et loisirs, d’un technicien en éducation spécialisée, d’un psychoéducateur, d’un enseignant ou d’un membre de la direction.

Parmi ses tâches, le répondant scolaire trouverait notamment les suivantes : l’orchestration dans l’établissement scolaire des étapes liées à la gestion des commotions cérébrales, dont la sensibilisation, la concertation et le soutien pédagogique, ainsi que la mise en œuvre du plan de retour progressif à l’apprentissage et le suivi à effectuer auprès des enseignants et des parents.

Un plan personnalisé de soutien

Le retour à l’école se divise en 3 étapes :

(1) la reprise graduelle des activités intellectuelles à domicile ;

(2) le retour progressif à l’école avec ajustements pédagogiques ;

(3) le retour complet à l’école.

 

Étape 1 : Reprise graduelle des activités intellectuelles à domicile

Lorsque l’étudiant ne ressent aucun symptôme au repos, il peut reprendre graduellement ses activités intellectuelles (ex. : de 15 à 20 minutes de lecture, de télévision ou de jeu vidéo).

L’étudiant ne devrait faire aucune activité physique soutenue au cours de cette étape, à l’exception de la marche.

Règles de progression

  • Si on note une augmentation des symptômes, on devrait réduire l’activité et se reposer davantage.
  • Si les symptômes n’augmentent pas, on peut garder le rythme.
  • L’augmentation de la durée des activités doit se faire en fonction de ce que la personne tolère (si des symptômes apparaissent, leur intensité doit diminuer au repos).

La personne devrait atteindre 4 périodes de 20 minutes d’effort intellectuel (ex. : lecture) sans reprise des symptômes avant d’augmenter la durée de l’effort. Lorsque cela est réussi, la personne peut effectuer un effort de 45 minutes consécutives au cours desquelles il ne faut pas qu’il y ait reprise des symptômes.

Dès que la personne arrive à faire un effort intellectuel pendant 45 minutes consécutives sans que cela ne déclenche de symptômes, elle peut passer à l’étape suivante.

 

Étape 2 : Retour progressif à l’école avec ajustements pédagogiques

Il est possible que certains étudiants ressentent encore des symptômes lors du retour en classe. Chaque individu devrait revenir à l’école progressivement, de façon à respecter ses besoins particuliers. Les ajustements scolaires temporaires comprennent des modifications pour les points suivants:

  • Présence en classe
  • Ajustements de la charge de travail/ajustements pédagogiques
  • Examens

Pour plus de détails concernant les ajustements scolaires, consultez le Protocole de gestion des commotions cérébrales dans notre section Outils, ou au lien suivant:

http://institutcommotions.com/wp-content/uploads/2016/11/Protocole-2e-%C3%A9dition-2016-1.pdf

 

Étape 3 : Retour complet à l’école

À cette étape, l’étudiant reprend, sans restriction ni ajustement pédagogique, ses activités scolaires normales, y compris les cours d’éducation physique. De plus, lorsqu’il arrive à cette étape, il peut, avec l’accord du médecin, reprendre l’entraînement et ses activités sportives sans restriction.

 

En conclusion, il est primordial de planifier adéquatement le retour à l’apprentissage afin de favoriser la bonne récupération du cerveau à la suite d’une commotion cérébrale. Les établissements scolaires ont d’ailleurs ont rôle important à jouer dans cette coordination, en nommant une personne pivot responsable du retour à l’école de l’étudiant.

Qui est ou qui sera donc la personne ressource de votre établissement ?