Vais-je redevenir comme avant? Les conséquences des commotions cérébrales

Vais-je redevenir comme avant? Les conséquences des commotions cérébrales

Par le passé, les experts étaient tous d’accord : une commotion n’était qu’une blessure mineure causant des dysfonctions temporaires sans conséquences permanentes. Nous savons aujourd’hui avec certitude que ce n’est pas le cas!  Le cerveau perdra des ressources neuronales, aura une moins grande efficacité neuro-électrique et gardera une certaine fragilité. Cette fragilité augmentera le risque de subir une deuxième commotion d’environ trois à cinq fois.

Ceci dit, grâce à un processus appelé la neuroplasticité fonctionnelle, le cerveau sera habituellement en mesure de compenser pour ces pertes et l’individu ne remarquera aucune différence une fois la récupération complétée. Il pourra reprendre normalement sa routine quotidienne sans ajustements nécessaires. Toutefois, la neuroplasticité fonctionnelle possède certaines limites.

Les commotions multiples

Après chaque commotion supplémentaire, les conséquences décrites ci-dessus sont amplifiées, le processus de récupération du cerveau sera plus long, le nombre de symptômes ressentis augmentera et le risque de subir une autre commotion sera plus grand. Pour s’en remettre, les compensations qui devront être créées dans le cerveau seront de plus en plus importantes et de plus en plus complexes. Malgré cette neuroplasticité fonctionnelle, après un certain nombre de coups, le cerveau ne sera plus capable de retrouver son efficacité initiale.

La limite de la neuroplasticité fonctionnelle

Puisque le cerveau n’est pas en mesure de récupérer totalement après une commotion cérébrale, la question est la suivante : la limite de la neuroplasticité fonctionnelle du cerveau survient après combien de traumatismes crâniens légers? À cause de la nature hétérogène de cette blessure, ce nombre dépendra de plusieurs facteurs et peut varier d’une personne à l’autre. Par contre, les recherches scientifiques qui ont étudié cette question suggèrent que ce phénomène se produit en moyenne après trois commotions cérébrales. C’est à ce moment que les déficits observables persistent et que les altérations dans le fonctionnement du cerveau deviennent permanentes.

Même si les séquelles ne sont généralement remarquables qu’après 3 commotions cérébrales, il est important de comprendre que le cerveau est affecté de façon permanente après une seule commotion. Par conséquent, il est donc important que les efforts soit placés sur la prévention des commotions cérébrales et sur leur bonne gestion.

 

Références

Ellemberg, Dave (2013). Les commotions cérébrales dans le sport : une épidémie silencieuse, Les éditions Québec-Livres, Montréal pp.131-135

Gaetz, M., Goodman, D., & Weinberg, H. (2000). Electrophysiological evidence for the cumulative effects of concussion. Brain Injury, 14(12), 1077-1088.

Guskiewicz, K. M., Weaver, N. L., Padua, D. A., & Garrett, W. E. (2000). Epidemiology of concussion in collegiate and high school football players. The American journal of sports medicine, 28(5), 643-650.

Schatz, P., Moser, R. S., Covassin, T., & Karpf, R. (2011). Early indicators of enduring symptoms in high school athletes with multiple previous concussions. Neurosurgery, 68(6), 1562-1567.