Est-ce qu’il existe réellement de «petites» commotions cérébrales?

Est-ce qu’il existe réellement de «petites» commotions cérébrales?

Vous avez probablement déjà entendu ou vous avez peut-être utilisé vous-même l’expression «petite» commotion cérébrale. En utilisant ces termes, les gens font généralement référence à la courte durée ou encore à la faible intensité de leurs symptômes. Dans ces cas, les symptômes persisteront quelques heures ou jours et n’incommoderont pas le quotidien de l’individu.

Toutefois, peut-on vraiment affirmer qu’il existe de petites commotions cérébrales?

L’abandon des grades de sévérité

Il y a quelques années, un système de classification des commotions cérébrales était utilisé afin de les catégoriser selon leur gravité. Cela avait pour objectif de prédire la récupération et de planifier le retour au jeu, en utilisant les signes et symptômes présents au moment de l’impact. Après la création de nombreuses échelles de classification, les experts ont finalement conclu qu’il est impossible de prédire la récupération en fonction de la gravité des symptômes.

Des dommages au cerveau

Une commotion cérébrale est causée par un impact entre le cerveau et les parois de la boîte crânienne. Un orage chimique et une crise énergétique seront alors déclenchés dans le cerveau, ce qui l’empêchera de fonctionner normalement. Cela entraînera plusieurs conséquences immédiates sur le tissu du cerveau, incluant:

  • des microdéchirures des fibres reliant différentes régions du cerveau
  • un déséquilibre chimique (ex. : entrée massive de calcium dans les cellules)
  • une hyperexcitation des neurones
  • une diminution de l’oxygénation cérébrale
  • une diminution du glucose (le carburant du cerveau)
  • un déséquilibre métabolique
  • une inflammation du tissu cérébral

Suite à cette cascade de réactions chimiques, l’activité des neurones sera perturbée et leur vitesse et force de communication seront diminuées. Même une personne présentant peu de symptômes après une commotion cérébrale aura des changements permanents à son cerveau.

Peu importe la durée, l’intensité ou le nombre de symptômes après un impact, cette cascade neurométabolique sera toujours déclenchée dans le cas d’une commotion cérébrale.

Une fragilité persistante

Il est dorénavant bien reconnu que l’inflammation du cerveau peut demeurer présente encore quelque temps après la disparition des symptômes. Le cerveau n’est donc pas encore remis, malgré l’absence de symptômes et une récupération apparente.

Cette période est critique, puisque l’individu peut supposer avoir complètement récupéré de sa blessure. Il peut donc penser être en mesure de faire un retour au jeu sans problèmes. Toutefois, le cerveau demeure vulnérable à un second impact, ce qui pourrait avoir de graves conséquences sur son état de santé.

Encore une fois, cela démontre bien que même ce qu’on considère comme une «petite» commotion cérébrale est blessure importante et peut avoir de graves conséquences.

Bref, malgré une récupération rapide des symptômes, une commotion entraînera toujours le même orage chimique et une crise énergétique qui rendront le cerveau fragile. Cette vulnérabilité perdurera plusieurs semaines après la disparition des symptômes. On ne peut donc pas minimiser les effets d’une telle blessure et encore moins l’appeler une «petite commotion cérébrale».

 

Références :

Ellemberg, D. (2013). Les commotions cérébrales dans le sport : une épidémie silencieuse. Montréal, Québec : Les Éditions Québec-Livres.

Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. (2017). Protocole de gestion des commotions cérébrales pour le milieu de l’éducation et dans le cadre d’activités récréatives et sportives. Repéré à http://www.education.gouv.qc.ca/fileadmin/site_web/documents/SLS/promotion_securite/16-00460_Protocole_de_gestion_des_commotions_cerebrales_FR_1.pdf