Pourquoi le repos complet après une commotion cérébrale ?

Pourquoi le repos complet après une commotion cérébrale ?

On ne ferait pas du jogging sur une cheville blessée, n’est-ce pas ? On sait bien que même quelques minutes de course à pied ne feraient qu’augmenter l’enflure de votre cheville et intensifier la douleur. Surtout, on sait aussi que la pression exercée sur votre pied prolongera le temps de guérison. C’est la même chose pour le cerveau à la suite d’une commotion cérébrale. Tout effort physique ou intellectuel dans les jours qui suivent cet accident aggravera la blessure et allongera le temps de guérison.

Une commotion cérébrale n’est rien de moins qu’une blessure au cerveau. Cette blessure est causée par l’impact que subit le cerveau lorsqu’il frappe les parois de la boîte crânienne.

Conséquences de la commotion cérébrale sur le cerveau :

  • enflure
  • pression intracrânienne
  • diminution d’oxygène
  • diminution du glucose (la source d’énergie du cerveau)

Ces bouleversements sont responsables des symptômes qui sont ressentis à la suite d’une commotion, comme les maux de tête, les étourdissements, la nausée et la fatigue.

Des études récentes en imagerie cérébrale démontrent que l’enflure au cerveau durera jusqu’à deux semaines après la disparition des symptômes.

Un cerveau qui a besoin d’être réparé !

Il faut donc comprendre que les activités physiques et intellectuelles, même si elles sont très légères, puiseront dans les ressources déjà très limitées du cerveau, alors qu’il lui reste à peine ce qu’il lui faut en oxygène et en glucose pour assurer sa guérison. De plus, tout effort physique ou intellectuel dans les jours qui suivent la commotion ne fera qu’augmenter l’enflure cérébrale. Quelques études récentes indiquent que les personnes qui bénéficient d’un repos complet dans les jours qui suivent leur commotion se remettront de leur blessure en deux à trois semaines. Par contre, ceux qui font un retour trop rapide à l’école ou au sport pourront ressentir des symptômes jusqu’à trois mois après avoir subi leur blessure.

Mais qu’est-ce que le repos complet ?

Nous devons maintenant nous entendre sur ce qu’est le repos complet. En fait, ceci est une source importante de mécompréhension. Durant cette période, il faut réduire au maximum toutes ses activités intellectuelles, sociales et physiques. Ainsi, il est recommandé de rester à la maison dans un lieu calme et de prendre le plus de repos possible.

Ainsi, pour quelques jours, on évitera :

  • de participer à des activités de loisir
  • de faire des activités intellectuelles (devoirs et leçons, lecture, jeux de société)
  • d’utiliser l’ordinateur, ainsi que les tablettes et téléphones intelligents

Non seulement on ne pratiquera pas son sport préféré, mais il ne faudra pas non plus assister aux pratiques ou aux matches de son équipe. Le bruit, les lumières et surtout les interactions sociales pourraient augmenter les symptômes.

Juste assez de repos, mais pas trop !

Enfin, une question qui revient régulièrement : quelle est la durée de la période de repos complet? La période de repos complet doit durer au moins un à deux jours après la disparition complète des symptômes. Par contre, une période de repos trop longue pourrait aussi avoir des conséquences négatives. Généralement, si les symptômes durent plus de dix jours après la commotion, il est recommandé de consulter un professionnel de la santé qui pourra étroitement encadrer le retour à l’école (ou au travail) et le retour aux activités physiques.

On ne pourrait pas s’imaginer faire un peu de jogging ou, dans certains cas, même marcher sur une cheville blessée. Non seulement la douleur serait insoutenable, mais cela ne ferait qu’augmenter l’enflure et aggraver la blessure. C’est la même chose pour le cerveau. Il est blessé. Pour celui-ci, faire de la lecture, envoyer un texto ou assister à un match de hockey, c’est comme faire de la course à pied quand on a une entorse à la cheville!