Peut-on prévenir les commotions cérébrales?

Peut-on prévenir les commotions cérébrales?

Depuis quelques années, le sujet des commotions cérébrales dans le sport  occupe une place de plus en plus importante dans l’espace public. La grande couverture médiatique des commotions subies par des vedettes sportives comme Sidney Crosby a certainement attiré l’attention de la population sur les enjeux reliés aux commotions cérébrales. Malgré le fait que certaines actions aient été entreprises afin de protéger les athlètes, il reste du chemin à faire avant de pouvoir dire que tout est mis en place pour réduire au maximum le risque de commotions cérébrales.

Bien que les commotions cérébrales ne pourront jamais être évitées à 100%, il est certainement possible d’en prévenir une grande proportion et tous les intervenants impliqués dans le milieu sportif ont un rôle important à jouer afin d’y arriver.

 

Techniques sécuritaires et respect des règles

Les commotions cérébrales sont souvent associées aux sports de contact, tels que le hockey ou le football. Toutefois, les études tendent à dénombrer de nombreux cas de commotions dans d’autres sports, comme le soccer ou le cheerleading. Il est cependant possible de prévenir certaines de ses blessures en apprenant aux jeunes athlètes à maîtriser les techniques sportives sécuritaires.

Par exemple, au football américain l’action de plaquer un autre joueur ou être plaqué serait responsable de 62,5% des commotions cérébrales dans ce sport. Puisque le plaquage fait partie intégrante du sport, il est primordial d’enseigner la technique appropriée. La tête ne devrait jamais être utilisée directement pour plaquer un joueur.

Limiter les entraînements avec contact pourrait également diminuer le risque de blessures et permettre aux athlètes de se concentrer sur la technique et les différentes tactiques de jeu. Par exemple, au soccer, l’utilisation de la tête pour diriger le ballon pourrait être restreinte uniquement aux parties. Cela permettra de réduire l’accumulation de coups sous-commotionnels qui augmentent le risque de commotions cérébrales.

 

Reconnaître les symptômes

Malgré le fait que certaines commotions ne peuvent pas être complètement évitées, un dépistage adéquat des symptômes et le retrait du jeu de l’athlète pourrait certainement prévenir une deuxième commotion et favoriser une récupération plus rapide. En effet, un athlète qui a subi plusieurs commotions cérébrales est plus à risque d’en subir une nouvelle, surtout si celles-ci sont rapprochées dans le temps. Les symptômes rapportés pourraient aussi être plus intenses et prendre plus de temps à disparaître.

Il est donc important d’apprendre à reconnaître les symptômes et les situations pouvant mener à une commotion cérébrale, ainsi que d’encourager les athlètes à rapporter leurs symptômes. La période qui précède le début de la saison est un excellent moment pour mettre en place un protocole de prise en charge des athlètes ayant subi une commotion cérébrale. Pour plus d’informations, consultez le Protocole de gestion des commotions cérébrales ou notre section Services pour découvrir comment l’Institut peut vous aider à implanter un protocole pour votre équipe sportive ou votre établissement scolaire.

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En conclusion, les entraîneurs, les athlètes et les dirigeants des fédérations sportives sont sans doute les principaux acteurs impliqués dans le milieu sportif. Il n’en demeure pas moins que chaque citoyen a un rôle à jouer dans la prévention des commotions cérébrales. En effet, ne devrait-on pas applaudir les jeux techniques alliant vitesse et agilité plutôt que les actes violent et les bagarres? Par ailleurs, rapporter les symptômes d’une commotion cérébrale ne devrait pas être perçu comme un signe de faiblesse et les athlètes, peu importe leur niveau de compétition, devraient se sentir à l’aise de prendre une pause pour récupérer de leur blessure. En fait, nous devrions maintenant nous demander si nous sommes prêts à mettre la santé des athlètes en danger au profit de notre divertissement personnel.

 

Référence:

Ellemberg, D., Fait, P., Mongrain, L., Durand, L., Frémont, P. et M. Proulx. (2015). Rapport du groupe de travail sur les commotions cérébrales qui surviennent dans le cadre de la pratique d’activités récréatives et sportives. Québec.