Oui aux sports de contacts! – L’opinion du Dr Dave Ellemberg

Oui aux sports de contacts! – L’opinion du Dr Dave Ellemberg

Oui aux sports de contacts!

Au risque d’en surprendre plus d’un, j’ai la ferme conviction que nous devons sauvegarder la pratique de sport de contacts et collisions comme le football, le rugby et le hockey. Ces activités sportives contribuent au développement physique, psychologique et social des joueurs et répondent aux besoins de nombreux jeunes. En plus de favoriser l’esprit d’équipe et de renforcer le sentiment d’appartenance, ces sports enseignent le respect, la gestion de conflits et permettent à certains jeunes de prendre conscience et d’accepter les limites et la discipline.

 

Dans une entrevue à l’émission The Current le 11 août dernier à la radio anglophone de la CBC, le Dr Bennet Omalu, celui dont l’histoire a inspiré le film Concussion, affirme que l’on ne devrait pas permettre aux jeunes de pratiquer des sports de contacts. Ce neuropathologiste qui a découvert l’encéphalopathie traumatique chronique (ETC), ce désordre neurodégénératif causé par les impacts répétés à la tête, a fait cette sortie à la suite d’une étude-choc publiée récemment. Après avoir examiné les cerveaux de 111 joueurs de football décédés, l’étude révèle que tous, sauf un, montre des signes d’ETC. Cette maladie dégénérative du cerveau est caractérisée par des déficits moteurs et cognitifs importants, la dépression et même le suicide. Il est indéniable que les conséquences des commotions cérébrales à répétition sont très graves. Par contre, il faut nuancer les résultats de cette étude. Nous ne connaissons pas le pourcentage d’athlètes touché réellement par cette condition, et surtout si certains individus sont plus à risque que d’autres de développer l’ETC.

 

À mon avis, il n’y a pas de raison de bannir la pratique des sports de contacts et de collisions. Je suis persuadé que nous pouvons rendre ces sports plus sécuritaires. Premièrement, le risque de commotions cérébrales peut être réduit de manière significative en acceptant d’apporter des changements à certaines pratiques, sans toutefois dénaturer ces sports. Des études suggèrent que près de la moitié des commotions cérébrales sont causées par des gestes illégaux et des manœuvres sournoises. Certains types de plaquage au football ou mise en échec au hockey pourraient aussi être ajustés pour réduire le risque de blessure. Deuxièmement, nous pouvons minimiser les risques associés à cette blessure si nous encadrons mieux la prise en charge des jeunes joueurs chez qui on soupçonne une commotion cérébrale. Le gouvernement du Québec a justement rendu public un protocole de gestion des commotions cérébrales en juin dernier, qu’on peut trouver sur le site web du Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur.

 

Les fédérations sportives doivent faire la réflexion nécessaire et avoir le courage d’apporter les changements qui s’imposent afin de prévenir cette blessure. Elles doivent aussi s’assurer que chaque équipe applique avec rigueur le protocole de gestion des commotions cérébrales. Comme parent, je n’empêcherais pas mon enfant de pratiquer le football si c’est le sport qui suscite son intérêt et qui lui permet de canaliser le mieux son énergie. Toutefois, avant de lui permettre de le faire, je m’assurerai que tout soit en place afin de rendre son activité préférée la plus sécuritaire possible.

 

Dr Dave Ellemberg, neuropsychologue

Professeur titulaire, Département de kinésiologie, Université de Montréal

 

Pour lire le résumé de l’entrevue du Dr Bennet Omalu à l’émission The Current, consulter le lien ci-dessous:

http://www.cbc.ca/radio/thecurrent/the-current-for-august-11-2017-1.4242091/kids-should-not-be-allowed-to-play-contact-sports-warns-concussion-expert-1.4242166