Conduire après une commotion cérébrale

Conduire après une commotion cérébrale

La conduite automobile est une tâche très complexe qui requiert une coordination précise d’habiletés motrices, visuelles et cognitives, tout en s’adaptant à son environnement. Afin d’assurer la sécurité de tous sur la route, les conducteurs doivent être alertes et n’avoir aucune altération de leurs fonctions cognitives. En fait, c’est une des raisons pour laquelle la conduite sous l’influence de l’alcool est si dangereuse.

L’attention, la mémoire, la résolution de problèmes et le temps de réaction sont tous des fonctions qui peuvent être affectées lorsqu’un individu est sous l’influence de l’alcool. Ceci dit, l’alcool n’est pas la seule chose à affecter ces fonctions cognitives essentielles à une conduite automobile sécuritaire. En effet, des études démontrent qu’après une commotion cérébrale, plusieurs des fonctions mentionnées ci-dessus peuvent être affectées, et même lorsqu’il n’y a plus de symptômes.

Conduire suite à une commotion cérébrale : similaire à la conduite sous l’influence de l’alcool?

Cette comparaison entre la conduite après une commotion cérébrale et la conduite sous l’influence de l’alcool peut sembler extrême. Par contre, une étude réalisée à l’Université de Georgia a démontré certaines similitudes entre les deux situations. D’après cette étude, après une commotion cérébrale, même lorsqu’il n’y a plus aucun symptôme rapporté, certaines personnes ont toujours un niveau d’habileté et de coordination ressemblant à celui de quelqu’un sous l’influence de l’alcool! Ces individus ont encore des problèmes à contrôler leur véhicule, surtout lors des tournants. L’auteure compare aussi les résultats obtenus à ceux de personnes atteintes de maladies neurologiques comme le Parkinson et la sclérose en plaques. De plus, une seconde étude a démontré que les individus ayant subi une commotion avaient plus de difficulté à identifier les dangers sur la route.

Combien de temps après une commotion est-il sécuritaire de reprendre le volant?

Cela dépendra de plusieurs facteurs.

Les commotions cérébrales affectent chaque individu de façon différente. Ainsi, chaque cas doit être évalué individuellement en prenant compte de plusieurs facteurs, incluant :

  1. Les fonctions cognitives affectées par la commotion
  2. Les symptômes ressentis
  3. Le temps depuis la commotion
  4. La progression de l’individu par rapport à la reprise de ses activités et de sa routine habituelle

Il existe des protocoles de retour au jeu et de retour à l’école pour les athlètes et les élèves ayant subi une commotion cérébrale. Par contre, aucun protocole n’existe encore pour le retour à la conduite automobile. Le jugement clinique d’un professionnel de la santé et l’évaluation en neuropsychologie sont les seuls moyens pour déterminer si une personne est apte à reprendre la conduite avec ou sans restrictions, comme l’interdiction de conduite nocturne. Malgré les lacunes des connaissances à ce sujet, nous ne pouvons pas ignorer l’effet d’une commotion cérébrale sur la conduite. De futures études doivent être réalisées afin d’établir des lignes directrices plus claires et assurer un retour sécuritaire à la conduite automobile.

 

 

Références

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